blabla, etc

02 juillet 2019

le pays des cèdres (7) # batroun & byblos

évidemment, publier ici mon avant-dernier billet de vacances libanaises qui remontent à décembre dernier peut vous sembler totalement incohérent,
mais pour ma fille qui a partagé ce séjour avec moi, et pour celles qui aiment s'évader dans mon sillage, j'ose !

cette journée-là, notre avant-dernière au pays des cèdres
nous allons nous jouer de la météo puisqu'était annoncé un temps diluvien...
sur notre chemin vers le nord, nous nous arrêtons au belvédère de harissa
et admirons notre-dame-du-liban ou "la vierge du liban" inaugurée en 1908 et qui surplombe junieh,
lieu de pélerinage important au liban
le soleil est insolent, la vierge d'une blancheur immaculée se découpe sur un ciel saturé de bleu
le point de vue est époustouflant !

nous gagnons batroun,
un petit tour s'impose dans les souks qui ont fait l'objet d'une réhabilitation
coup de coeur !
cette petite ville a énormément de charme, on y déambule, émue de découvrir là de jolies portes colorées, ici des façades typiques
le petit port commence à subir les assauts d'une mer qui se déchaîne,
notre-dame-de-la-mer offre une perspective ahurissante avec ses arcades qui offrent un cadre unique à la mer désormais démontée
les nuages deviennent menaçants quand nous atteignons byblos
un des plus vieux endroits habités sur terre, rien de moins !
un charmant petit port de pêche et une rue principale où s'égrennent des souks agréable,
la ville doit sa renommée à ses ruines phéniciennes et romaines
une étape incontournable certes, mais un peu surfaite à notre goût, trop parfaite et gorgée d'échoppes à touristes...
nous arpentons le front de mer, la mer est en colère, nous décidons de rebrousser chemin
bon, nous sommes déçues de ne pouvoir goûter aux falafels parait-il incomparables (le restaurant est fermé !)
et nous replions sur la pâtisserie hallab où nous faisons provisions de baklavas et autres pâtisseries orientales à ramener en france...

il n'est pas tard, et héloïse m'avait prévenue : beyrouth se paralyse avec la pluie !
nous mettons plus d'une heure pour boucler les derniers kilomètres avant notre air b&b
mais la pluie nous offre une accalmie pour aller dîner dans une des meilleurs adresses de beyrouth, dans le quartier arabe d'hamra
une pépite dénichée par ma grande grâce aux amitiés nouées avec des libanais(es) dans son école...

PS : je me dépêche de trier les photos de ma dernière journée dans le coeur de la ville, ce sera mon dernier billet libanais

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18 juin 2019

au royaume des swazis !

le premier cliché concernant les expatriés serait que les personnes qui ont choisi de vivre loin de chez eux seraient continuellement en vacances...
notre quotidien connait aussi ici une routine, huilée par des consignes de sécurité et un mode de vie bien différent,
mon homme n'a pas plus de jours de congés qu'en france (et c'est bien dommage...)
mais force est de concéder que nos week-ends, quand ils sont voués à découvrir notre pays d'adoption,
nous offre un exotisme et une sensation d'aventures bien autres que nous en concèdent les plus belles forêts et les plus jolis sites historiques de chez nous
alors, autant le dire, nos moindres échappées sont appréciées à 1000 % !

en afrique du sud, ce lundi était férié, celui de jeunesse, en hommage aux enfants tués lors des émeutes de soweto en 1975
notre pays d'accueil est loin d'avoir fini de résoudre les problèmes raciaux, sociaux, politiques et économiques pour renaître un jour de ses cendres
mais nous remercions la vie de nous avoir portés sur cette terre qui nous émerveille et nous émeut à chaque nouvelle découverte

ce week-end, nous sommes partis au pays des swazis, le royaume du swaziland renommé depuis peu eswatini

aprés une nuit dans une ferme de macadamias non loin de barberton, reçus comme des rois autour d'un braii, pour nous régaler autant que pour nous réchauffer (l'hiver austral est bien là !)
nous avons laissé notre voiture et enfourché les motos de l'agence GS adventures motorcycle tours en qui nous faisons vraiment confiance pour nos road trips en deux roues
nous sommes partis découvrir ce royaume enclavé entre l'afrique du sud et le mozambique,
nous avons adoré ses grands espaces boisés (l'industrie du bois est une des premières sources de revenus du pays) et ses plaines d'herbes jaunies par le soleil à perte de vue
le soir, nous avons fait étape dans un éco-lodge digne d'un conte, un hâvre de verdure luxuriant savamment bâti autour d'une cascade majestueuse...
nos chambres ressemblaient à des huttes de hobbits ou autres elfes magiques
une étape particulièrement fantastique, ponctuée de jolies découvertes de l'artisanat local, et une petite infraction sanctionnée par les policiers locaux (les plus gentils jamais rencontrés et la plus petite amende jamais prise : 60 swazi lilangeni, soit 3,80 euros, ouf !)

suivez-moi, je vous emmène dans notre sillage !

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13 juin 2019

sur la route du drakensberg, la montagne du dragon

avant de repartir sur les routes puisque ce lundi est férié (c'est le jour de la jeunesse, en mémoire des émeutes de soweto de 1975) et nous offre un joli pont en vue
je me mets à jour de notre dernière échappée jamais résumée ici....

on aurait pu croire que la fille des montagnes que je suis soit blasée de grands sommets
et reste peut-être insensible à la découverte de la plus grande chaîne d'Afrique du Sud...
ça aurait été sans compter ma soif de découverte et ma capacité d'émerveillement intacte,
je dirais même grandissante et jamais inassouvie !
le drakensberg est surnommée la montagne du dragon en raison de ses pics dressés au garde-à-vous, tels les écailles du cou de l'animal mythique

pour découvrir la région du royal natal,
nous avions fait halte au three trees hill lodge (clic clic !), un petit paradis sur terre, des chambres telles des fermes sorties du film "out of africa"
et il faut bien le dire, le ciel bleu de l'automne austral a cerné le lieu d'une aura envoutante...
un ciel bleu pur et saturé qui donnent parfois un côté irréel et "carte postale" à nos photos (un comble, photoshop n'aurait pu faire mieux...)
nous sommes d'abord partis, savamment guidés par notre hôte, pour un bush walk dans la réserve voisine :
particulièrement chanceux, nous avons pu observer pas loin d'une vingtaine de rhinocéros qui vivent ici paisiblement pour le plus grand bonheur des visiteurs avides de marches à pied dans la savane
puis, nous avons pris la voiture pour nous rapprocher du parc national et de son maillage de randonnées :
nous sommes allés admirer de plus près l'amphithéâtre si renommé : quel site époustouflant !

le lendemain, nous avons repris la route en déicdant de traverser le golden gate national park (le nom fait référence aux falaises de grès qui enserrent la vallée : c'est en 1875 qu'un fermier nommé Van Reenen nomma l'endroit lorsqu'il vit les derniers rayons du soleil couchant éclairer les côtes abruptes de ce territoire de près de 350m2)
c'était notre deuxième visite mais les couleurs d'automne nous ont particulièreemnt ravis !
et puis, admirer un troupeau de blesboks galoper sur la crête d'un sommet, ou un troupeau de zèbres à peine émoustillés par notre passage, ont complété ce tableau idéal !

je vous emnène avec moi, je vous préviens,
la balade en images est longue mais je ne me résouds jamais à éliminer quelques clichés !

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13 mai 2019

entre automne et hiver, dans la savane africaine

quand nous avons la chance d'accueillir des invités,
nous essayons dans la mesure du possible pour profiter d'eux de nous greffer à leur voyage en afrique du sud
c'est ainsi que nous sommes allés passer un week-end dans la black rhino reserve, une concession privée attenante au parc national du pilanesberg
il faut bien le dire, nous avons mené une vie de château au lush private lodge !
l'établissement est récent et dispose de 5 chambres, avec une décoration africaine particulièrement raffinée
ce fut une pause pleine de quiétude
par deux fois, au point du jour et en fin d'après-midi, nous sommes partis en quête de quelques belles scènes animalières

en mai, l'hiver austral s'installe et avec lui, une nuit noire à 6 heures du soir et des températures qui rafraîchissent crument par conséquent !
pourtant, la végétation reste dense, les herbes et les graminées restent hautes même si eles perdent de leur chlorophylle pour des teintes plus éteintes, dans lesquelles les animaux peuvent aisément se confondre et se cacher de nos yeux...
avec son oeil de lynx, mon homme a tout de même réussi à repérer les oreilles d'un lion à moins de deux mètres de la piste empruntée...
quelle ne fut pas notre surprise quand le roi des animaux s'est levé d'un coup, emportant dans son sillage un groupe de lionnes et de petits que l'on ne devinait pas du tout !
nous avons pu voir énormément de rhinocéros, dont une mère avec son enfant nouveau né d'à peine un mois
des éléphants isolés mais dans une lumière du soir fantastique, ainsi qu'un chapelet de girafes ont comblé nos visiteurs...

le soir, nous nous sommes baignés dans une lumière d'or rasante
et avons profité de ces décors magiques pour un apéritif insolite, un gin tonic dans la savane !
savez-vous à ce propos que le gin tonic est né de sa vertu de la quinine pour lutter contre les moustiques... la bonne excuse... hum hum !
voilà les photos de notre échappée dans le bush, on ne s'en lasse paaaaaas ! 

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01 mai 2019

le pays des cèdres (7) # anjar, perle enchanteresse

Je reprends le fil de mes carnets libanais...

en quittant balbeck, nous n'étions pas au bout de notre éblouissement... ah ça, non !
à quelques kilomètres de là, en empruntant rapidement des chemins de terre, nous gagnons le site d'anjar, inscrit par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité
le site archéologique, par sa position au pied du mont anti liban, occupe une place emblématique dans l’imposante plaine de la béqaa antique et médiévale, au croisement des routes qui mènent de homs à tiberiade et de beyrouth à damas...
les alentours sont empreints de simplicité, d’une certaine langueur et d’une quiétude rurale authentiques
quel contraste quand on pénètre sur le site où subsistent les vestiges de l'ancienne cité omeyyade fondée par le calife walid 1er en l'an 705 !
anjar paraît n’avoir prospéré que quelques décennies, pourtant elle constitue un témoignage unique sur l’urbanisme de cette civilisation et représente le seul vestige de cette ère au liban
le nom d'anjar est d'origine syriaque : "ain guér" signifie "la source qui coule"
et la poésie de ce nom est à la hauteur de l'infinie beauté du site !
nous arrivons vers 17 heures,
la lumière de fin d'aprés-midi pénètre une forêt de cèdres et carresse un tapis d'herbes vert tendre...
c'est un havre de paix et de silence, l'atmosphère s
emble sortie d'un conte, teintée à la fois de mystère et de magie, irréel !

quand je m'avance et suis ma fille, je comprends vite combien ce site archéologique majeur l'a éblouie et pourquoi elle a souhaité me le faire découvrir, malgré ma relative réticence (le ministère des affaires étrangères mettant en garde les touristes du fait de l'extrême proximité du site avec la syrie, à 3 kilomètres juste de l'autre côté du sommet à côté...)
nous sommes éblouies, nous nous extasions sur le bon état de conservation qui confère de la majesté au lieu
ces pans de murs qui se dressent encore entiers fièrement, ces fondations qui dessinent les contours des habitations et palais oubliés, ces fragments amputés de chapitaux, ces bribes de fresques d'une beauté époustouflante... tout cela amène notre esprit à divaguer et imaginer tous les secrets que ces pierres recèlent
cette imposante beauté nous questionne car elle nous relie à un passé chahuté, tumultueux, avec des épisodes parfois tragiques...

nous sommes seules sur le site, hormi deux gardes que nous avons aperçus à l'entrée, 
la meilleure des manières d'appréhender le mystère du lieu
le silence s'impose à nous, comme attentives à ce que les pierres voudraient bien nous murmurer, tendant l'oreille pour écouter les récits qu'elles ont à nous conter...
emportées par un sentiment méditatif et de contemplation, s'estompent les repères temporels, la frontière devient floue entre Histoire et présent, entre rêve et réalité
nous sommes comme touchées par la grâce, et quittons anjar, avec une émotion de pur enchantement !

le soir, ma grande m'amène dans son restaurant, coup de ❤︎ absolu : t marboula dans le quartier musulman d'hamra
nous nous introduisons dans le cercle des habitués et attendons nos mezze en jouant au tawle (plus connu chez nous sous le nom de backgammon)
on se damne devant les eggplant muttabal, pumpkin kibbe, kibbe mloukiyeh, l'incontournable hommos aux grenades et la traditionnelle salade nommée fattoush...
si vous vous rendez à beyrouth, c'est l'adresse qu'il ne faut ab-so-lu-ment pas manquer de tester !

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26 avril 2019

descendre à la source du plus grand diamant du monde !

en tant que responsable des sorties culturelles, nous proposons une sortie en week-end, afin de profiter en famille des trésors que nous offrent joburg et ses alentours
cette fois, l'association jobourg accueil proposait de descendre dans la mine de cullinan :
n'imaginez pas des galeries sombres et poussiéreuses de mines de charbon, non ! 
nous avons posé nos pieds sur un sol qui brillait de poussières de diamants, nommé kimberlite
car cette roche potassique, riche en magnésium et/ou fer, doit son nom à la ville de kimberley (en afrique du sud aussi) où elle fut découverte et décrite pour la première fois
ce matin-là, george, 81 ans, ancien mineur, nous a rendu la visite passionnante !
équipés comme les mineurs, nous sommes donc descendus à 763 mètres en-dessous du sol pour voir et comprendre le processus d'extraction et exploitation du précieux minerai
il faut savoir que plus de 1 500 mineurs travaillent encore en ces lieux et qu'11 000 tonnes de roches sont extraites par jour pour obtenir en moyenne 500 grammes de diamants, dont seulement 20% sont exploitables en joaillerie
savez-vous que c'est en cet endroit de la terre qu'a été trouvé le plus gros diamant brut jamais découvert, avec une masse de 3 016 carats, soit très précisément 621,2 grammes ? 

pour la petite histoire et la grande Histoire

le précieux caillou a été découvert le 26 janvier 1905, dans la mine premier, et il porte le nom du propriétaire de la mine, sir thomas cullinan
le gouvernement du transvaal, ancienne république boër du XIXème siècle au nord-est du pays 
et une des quatre provinces sud-africaines entre 1910 et 1994, acheta le brut pour 750 000 $
en 1907, le gouvernement du transvaal décida de l'offrir au roi édouard VII d'angleterre pour son 66ème anniversaire et pour le remercier de lui avoir accordé l'indépendance !
son transfert à londres en 1907 nécessita, on s'en doute, quelques précautions, un leurre fut donc mis en place :
on appareilla un navire avec un convoi fortement armé alors que le diamant était tout simplement envoyé par la poste en paquet ordinaire...
en 1908, le roi envoya le diamant chez Asscher's Diamond Co à amsterdam, pour le faire tailler et biseauter à sa convenance
le diamant a d'abord été longuement étudié et a fait l'objet de nombreux essais pendant quelques mois sur des répliques, impossible d'improviser et d'envisager d'abimer le précieux matériau 
joseph asscher entama sa taille le 10 février 1908 : au premier coup porté, le diamant se brisa en deux, puis en trois... 
les deux plus gros morceaux donnèrent le Cullinan I et Cullinan II
il confia alors les trois morceaux au diamantaire Henri Koe qui les fractionna pour obtenir neuf énormes pierres principales (Cullinan I à IX) et 96 brillants !
le Cullinan I ou Great Star of Africa « la grande ★ d'afrique » aurait demandé huit mois de travail à trois diamantaires pour le polir et le tailler en forme de poire à 74 facettes de 530,2 ct
il orne le sceptre impérial britannique appelé sceptre à la croix, exposé avec les joyaux de la couronne brtitannique dans la célèbre "tour de londres"

bref, en ce samedi matin, nous avons posé nos pas sur une terre des plus précieuses
dès lors, il est facile de comprendre pourquoi notre gentil organisateur nous a demandé de nettoyer, brosser et laver nos bottes pour qu'aucun caillou ne s'y soit logé et parte clandestinement chez nous !
nous avons terminé la matinée par un déjeuner sur une des belles terrasses qu'offre la pittoresque ville de cullinan

quelle belle expérience que de toucher du doigt une nouvelle facette des richesses qu'offre l'afrique du sud !

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25 avril 2019

poser ses pieds sur la terre d'un peuple disparu #mapungubwe (3)

je finis de vous raconter notre week-end au mapungubwe, l'un des sites archéologiques les plus riches d'afrique, classé aau patrimoine mondial de l'UNESCO

en ce samedi, nous approchons l'extrême nord de l'afrique du sud en nous dirigeant à sa juste confluence avec les territoires du zimbabwe et du botswana
la chaîne de montagnes nommée soutpansberg compte parmi les plus anciennes roches à lit rouge de notre Terre ; elles datent de milliers de millions d'années...
alors fouler de nos pieds et toucher de nos doigts ces terrasses de grès du bushweld donne le vertige et provoque un sentiment indéfinissable d'infini 
les paysages sont spectaculaires et l'on mesure pourquoi cette province est connue depuis l'Antiquité comme le « mur au-delà du monde »

nous profitons de conditions idéales : vraiment très peu de tourises, il faut dire que cette zone est trés reculée et éloignée des régions à forte densité de population
pour commencer, nous marchons sur les traces des explorateurs en suivant notre guide sur le site d'art rupestre nommé "kaoxa's shelter" et classé par l'unesco : un héritage époustouflant marquant le passage des chasseurs et des cueilleurs san plusieurs siècles auparavant
sous une série d'affleurements et de surplombs en grès, les scènes d'animaux sont peintes essentiellement en argile et appliqués au doigt
nous admirons, muets, ce porte-à-faux imposant d'une dizaine de tableaux uniques contenant plus de 16 animaux différents, entre girafes et sauterelles
un héritage époustouflant, devant nos yeux ébahis car ces fresques sont à portée de regard !
imaginez-vous devant les peintures originelles de Lascaux, seuls au monde face à ce trésor, et vous comprendrez la magie de ces instants...

mais là n'est pas le seul trésor de cette vallée
les arbres, dont bon nombre sont endémiques de la région tels les mopane ou rock fig trees, sont extraordinaires, à la mesure des lieux d'un peuple jadis disparu, les héritiers du grand zimbabwe, le plus grand royaume connu du continent africain, rien de moins !

dans cette vallée de la rivière limpopo, subsistent les restes d'une ancienne société oubliée pendant plus de 700 ans :
c'est seulement le 8 avril 1932 qu'un agriculteur et prospecteur local dénommé Van Graan, accompagné de son fils et de trois autres aventuriers, partent en quête d'une colline à propos de laquelle de nombreuses rumeurs s'étaient répandues
dans cette région reculée et sauvage, ils découvrent une tombe d'origine inconnue, et bien plus : un petit rhinocéros de métal couvert de fines feuilles d'or, un squelette associé à des perles de verre et d'or, des bracelets en fer, un bol en argile...
le fils, étudiant à l'université de pretoria, informe le département d'histoire de la découverte et cela va conduire à l'ouverture d'enquêtes scientifiques
les fouilles vont mettre à jour une métropole dominée par un roi africain il y a 1 000 ans !
en témoignent un important dépôt de résidus d’habitation et un cimetière de 23 tombes (dont 3 royales)
des restes de plantes domestiques telles que le sorgho, le niébé et peut-être le mil ont été identifiés, indiquent que l'agriculture était pratiquée

forts de ces explications, nous gravissons la large esplanade de 300 mètres de long et 30 mètres de hauteur, où il est dit que le roi et ses soldats vivaient (le peuple occupant le niveau inférieur)
les vestiges des palais et habitations, des greniers enclavés sous une pierre plate taillée, des mortiers de pierre... sont restés intacts et authentiques jusqu’à nos jours ; cette marche dans le bush (avec notre guide équipé d'une fusil... n'oublions pas, que nous ne sommes pas à l'abri d'un félin ou autre animal du parc...) nous a permis de le constater 
avant de partir, nous complétons notre connaissance en visitant le world heritage site où sont exposés les artefacts découverts : des poteries, pièces d'ivoire, oeufs d'autruche, colliers en perles de verre, mais aussi des pointes de flèches ou de lances, des herminettes, des scories de fer et de cuivres, des sceptres et figurines en or, comme le célèbre "rhinocéros d'or" considéré comme le symbole de la Renaissance africaine

les paléonthologues et autres scientifiques continuent à avoir du mal à établir l'identité de ces habitants, puisqu'il n'existe pas de traces écrites ni de traditions orales
mais ils s'accordent sur le fait que mapungubwe a été probablement le site le plus connu de l’âge du fer et le plus grand royaume de l'Afrique australe jusqu’à son abandon au XIIIème siècle, très probablement à la suite d'un changement soudain de climat
les objets en or découverts sur son site sont les preuves archéologiques qui suggèrent qu'à son apogée, il était le centre d'un grand état et le précurseur du grand zimbabwe
quelle chance d'avoir pu ouvrir cette page d'histoire et profiter de ce formidable et brillant héritage

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07 avril 2019

se mesurer à notre premier baobab #mapungubwe (2)

le baobab est le vrai seigneur de l’afrique...
aucun arbre autre que ce colosse végétal n'incarne davantage l'esprit de l'afrique !
mes chers et tendres peuvent en attester, j'ai développé une obsession depuis que nous vivons ici :
partir à la découverte des baobabs géants, me mesurer à ces mastodontes majestueux dont l'aura respire toute la spiritualité de l'afrique : quelle
quête ! et alors, quelle émotion ce matin-là !

avant d'atteindre le mapungubwe national park réputé pour ses étendues jalonnées de ces spécimens, nous partons en randonnée
le but est d'atteindre la canopée au-dessus de notre lodge pour voir le baobab du "pays des légendes"
l'UNESCO a classé la biosphère de vhembe qui couvre 90 000 hectares d'une extraordinaire diversité biologique :
notre randonnée nous promet donc de découvrir une grande variété de végétation humide et de type bushveld menant à une forêt indigène des plus verdoyantes

nous grimpons la montagne à madi, et en moins d'une heure, s'offre à nous une vue panoramique sur les vlaktes au sud de soutpansberg
nous grimpons, accompagnés dans notre avancée, par des nuées de papillons, et au détour du sentier, la vision est spectaculaire 
notre premier baobab est là !
sa circonférence est de 11,4 mètres et son âge estimé entre 500 et 600 ans

le géant au séduisant nom latin, adansonia digitata, affiche un tronc à l’écorce lisse et grasse comme du cuir, des racines puissantes et des branches flexibles et fragiles
à bien l'observer, on pourrait croire qu'il développe ses branches sous terre et ses racines en l’air vers le ciel : la légende raconte que, dans une humeur frivole, les dieux ont planté les baobabs à l’envers, leurs racines exposées au ciel
le spécimen que nous découvrons nous surprend de par sa position à flanc de montagne où il pleut plus que dans l'habitat naturel des baobabs (les régions chaudes et semi-arides)
les experts disent qu'il aurait été utilisé comme ‘khoro’, le lieu de rencontre traditionnel d’un chef venda 
car dans les villages ruraux (venda, mais aussi tsonga ou sotho), le baobab est par excellence l'arbre à palabres, 
dans les temps anciens, les rois, les ancêtres et les dirigeants se réunissaient sous ses branches tentaculaires pour palabrer et discuter des questions de haute importance
bien plus qu'un abri, les chefs de tribus croyaient que les esprits ancestraux vivaient dans les baobabs et les aideraient ainsi à prendre des décisions éclairées
c'est pourquoi, les villageois continuent à les traiter toujours avec respect et vénération
du reste, c'est peut-être le secret de leur longévité, car les baobabs ont le record de la plus longue durée de vie ! 
si leur âge moyen est compris entre 300 et 500 ans, le plus vieux spécimen du limpopo aurait 3 000 ans (près de sagole, au nord-est de la province)
arrivé à ce grand âge, sa base a une circonférence de 43 mètres et il est haut de plus de 20 mètres
il a été nommé muri kunguluwa, ce qui se traduit par «arbre qui rugit», en témoignage de son ampleur et de l'autorité intemporelle qu'il affiche !

les baobabs sont en réalité des plantes succulentes et contiennent 80% d'humidité, ce qui en fait l'une des plantes les plus utiles tant pour les animaux que pour les humains
le fruit a des propriétés anti-inflammatoires, anti-oxydantes, antimicrobiennes et antivirales 
il est riche en vitamine C (4 x plus que les oranges), en potassium (6 x plus que les bananes), en calcium (3 x plus que le lait), en anti-oxydants (5 x plus que les myrtilles) et ses graines peuvent être broyées et ajoutées aux repas et smoothies pour une nutrition supplémentaire

les baobabs font partie intégrante de l'écosystème qu'ils occupent et fourmillent de vie, fournissant un abri et une subsistance à la faune locale :
les éléphants mangent les feuilles et déchirent l'écorce pour la nourriture et l'humidité, les babouins se régalent des fruits de l'arbre tandis que les oiseaux et les abeilles nichent dans les troncs souvent creux à l'intérieur
et puis, ce sont les chauves-souris qui pollinisent les fleurs qui ne durent que 24 heures avant de retomber sur le sol et de devenir un aliment pour diverses espèces d'antilopes 

voilà, avant même de voir le "parc aux baobabs", cette première rencontre nous a permis de mesurer combien cette force de la nature personnifiée est vénérée dans la culture africaine et pourquoi elle habite les mythes et légendes des peuples africains
les baobabs géants traversent le temps et laissent un héritage époustouflant !
aprés l'avoir photographié, touché, caliné, observé ses racines qui suivaient notre descente au-delà de 20 mètres,
nous avons pris le chemin du retour
le vent soufflait et nous enveloppait,
en fermant les yeux, nous aurions cru être bercés par le souffle des ancêtres... mythique et magique ! 

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04 avril 2019

rendez-vous en terre venda # mapungubwe (1)

chaque jour que Dieu fait, je me réjouis de notre vie ici
il reste qu'il y a tout de même des week-ends plus exotiques et dépaysants que d'autres...
sans enfants, et libres comme l'air, nous nous sommes esquivés quatre jours en dehors de tout calendrier imposé

le but du voyage était le mapungubwe national park, reconnu pour ses baobabs : connu mais pas couru, car six bonnes heures séparent cette région de joburg...
cette fois, pas de pistes poussiéreuses qui jalonnent souvent nos échappées, mais des voies bitumées bordant un décor verdoyant

première étape de notre voyage, la région venda, dans la province du limpopo (l'ancien transvaal nord était l'une région les plus conservatrices et afrikaners d'afrique du sud, son nom a été changé en 2002 pour affirmer son identité et la province a finalement été rebaptisée du nom du fleuve qui forme sa frontière septentrionale)
celui que l'on nomme « le pays des légendes » a été le foyer du peuple venda qui aurait voyagé des grands lacs de l’afrique centrale au XIIe siècle...
les conflits historiques avec les tribus rivales et les changements survenus dans le système politique sud-africain au cours des années n’ont pas affaibli ce peuple fascinant, doté d'une notoire force de caractère et d'une identité culturelle que l'on va toucher du doigt lors de cette journée

nous nous arrêtons dans la petite ville d'elim (qui signifie « lieu de Dieu »), sur la route artistique du vendaland qui serpente à travers une campagne rurale incroyablement belle
notre arrêt sur le marché informel de tshakuma nous donne une idée de la vie quotidienne des habitants dans ces cantons ruraux  

un premier quartier regroupe les ateliers simples et très modestes de couturières et les coiffeurs
au gré de notre déambulation, nous rencontrons des vendeurs de poules qui côtoient de nombreux stands de légumes et fruits de saison frais de la vallée subtropicale de levubu, mais aussi des vendeurs d'insectes qui vendent des chenilles de l'arbre indigène, le mopane tree, ou des termites accomodées façon chilli....
on se laisse porter par l’ambiance locale, joyeuse, fourmillante, vibrante !
le limpopo est la région la plus pauvre d'afrique du sud et, pourtant les villageois, dénués de tout, sont incroyablement souriants, affables, nous interpellent et sourient devant nos cameras, les enfants nous adressent d'abord des sourires timides et bientôt nous charment parfois en entonnant une chanson, les femmes chez le coiffeur sont heureuses et fières d'être photographiées, certaines improvisent des pauses de star, d'autres rigolent sous cape ne sachant exprimer en français leur timidité

notre lodge madi a thava (littéralement "l'eau de la montagne") fait un formidable travail de promotion de l'artisanat local
il propose une galerie mais aussi dans les espaces communs et les chambres, une vitrine ouverte sur le patrimoine culturel au sens large : vanneries, poteries, créations textiles, sculptures sur bois, travaux de perles, instruments de musique traditionnels et autres artefacts aux design graphiques et haut en couleurs, inspirés de l’Antiquité ou tout à fait contemporains
nous sommes intéressés de découvrir cet artisanat plus concrètement
guidés par moussa, nous nous dirigeons sur la route de mashamba pour rejoindre l'atelier de poterie mukondeni

une petite dizaine de femmes confectionne des vases traditionnels et autres pièces contemporaines en terre cuite
il fait au bas mot 34 degrés dehors, je vous laisse imaginer combien la température peut devenir étouffante sous les tôles ondulées de ce modeste atelier
nous sommes subjugués de voir les femmes venda, si humbles et pourtant si douées et talentueuses, fabriquer leurs pots et autres objets en argile, monter leur terre avec une dextérité magistrale, juste avec leurs doigts, sans tour, et réaliser des pièces parfois hautes de plus de 1 mètre, de façon parfaitement symétrique sans aucun instrument de mesure : leurs mains savent !
comme leurs ancêtres avant elles, ces femmes extraient l'argile de la rivière : la plus forte et la meilleure (les potiers viendraient d'aussi loin que la vallée du fleuve limpopo pour cette argile)
pour la peinture, elles utilisent des oxydes de graphite et d’ocre, extraites des montagnes de la luonde à proximité
elles décorent leurs pots avec des motifs géométriques et traditionnels comme les poissons ou les sirènes, symboles particulièrement forts de cette région, issus des traditions spirituelles des peuples venda et tsonga
car il est dit que les esprits des eaux vivraient et véhiculeraient la vie et des messages à travers les voies navigables interconnectées situées au-dessus et au-dessous de la terre, dans le grand océan vhimbi sur la côte est de l'afrique

bref, la terre tribale des venda (qui compte parmi les sites les plus sacrés du peuple Vhavhenda, mais que le manque de temps et certains protocoles tribaux ne nous ont pas permis de visiter), ses villages, ses petites fermes, ses marchés, sa beauté naturelle et sa force spirituelle... en font une étape pittoresque, tout à fait dépaysante, sa population émeut, sa beauté brute ensorcelle...
sans compter que c'est un lieu béni pour la photographe que je suis : sourires, couleurs, chaleur... le pouls de l'afrique explose sur mes photos que je vous laisse découvrir !

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28 mars 2019

babylonstoren, un eden au coeur des vignes

il est tard, les sud-africains sont déjà couchés depuis quatre bonnes heures,
certains sont plus près de se lever d'ailleurs pour aller faire leur sport en salles (qui ouvrent à 5 heures du matin, non non... vous ne rêvez pas !)
je voulais absolument publier ce dernier billet de mon séjour au cap, entre mer et vignobles
pour tenter de combler mon retard gigantesque !
je reviens en images sur la journée délicieuse que nous avons passée dans les jardins de babylonstoren
les photos sont plus parlantes que tous les mots que je pourrais écrire à cette heure avancée de la soirée...
ce royaume végétal avait encore évolué depuis notre visite avec nos amis l'an dernier

je vous invite à me suivre et vosu mettre au vert dans les allées arborées et cultivées de ce véritable eden !

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