le séjour s'annonce court, nous ne voulons perdre aucun des moments qu'il nous est offert de partager à deux avec ma grande !
ce jour-là, je vais comprendre que le mot hospitalité ne peut mieux trouver son sens qu'au liban...
marie a son fils étudiant en médecine à lille, où ma fille a ses meilleurs amis
un petit détail mais qui va faire beaucoup, puisque marie va s'occuper d'héloïse dès son arrivée à beyrouth comme si elle faisait partie de la famille
je n'étais pas au bout de ma surprise, car quand j'ai voulu la rencontrer pour la remercier, elle a tout bonnement organisé notre week-end !

le samedi, lever à l'aube, 85 kilomètres plus loin, la capitale du nord liban, tripoli !
pour moi, autant l'avouer, tripoli était la capitale lybienne, je découvre donc que le pays des cèdres compte en son sein une ville du même nom
fondée vers le VIIème siècle avant J.C et surnommée "l'embaumée" tant son souk au savon est réputé,
mais tel n'est pas son unique atout, nous allons le découvrir...
nous 
retrouvons une belle équipe de femmes franco-libanaises, françaises libanaises d'adoption, allemande épouse d'un libanais, libanaise ayant grandi et vécu vingt ans en guinée, une autre habitant actuellement au cameroun, une jeune libanaise ayant choisi d'étudier et de vivre en Europe et de deux ses amis, bref une équipée menée par Nisrine, jeune tripolitaine, professeur de français, qui a eu à coeur de nous faire découvrir et aimer sa ville
elle a contribué à rendre cette première journée éblouissante !

aprés nous être garés à al mina, petit port de pêcheurs de la ville antique,
nous commençons notre balade par un petit bijou, la cathédrale grecque orthodoxe saint-georges construite en 1732, ses icones dorées à l'or fin et son artisanat religieux sont un éblouissement 
il n'est pas 9 heures, nous ne pouvons rejoindre les souks sans nous attabler (nous l'apprendrons vite, au liban la cuisine est généreuse comme ses hôtes)
donc, notre grande tablée a du mal à contenir toutes les assiettes de mezze dressées tel un banquet de fête : des branches de menthe à profusion, des tomates, oignons et olives comme base, des assiettes d'houmous et de mtabbal (caviar d'aubergines), des pains pitas in-con-tour-na-bles puisque ce sont d'eux dont on se sert pour remplacer nos fourchettes et puiser les délices à partager, mais le roi du petit-déjeuner est le man'aich au zaatar  ce sont des galettes tartinées d’un mélange d’huile d’olive et de thym, origan, sarriette, graines de sésame, sumac, et marjolaine... un pur délice !

tripoli est l'image type de la ville orientale, on y circule au milieu d'un théâtre animé, bruyant et virevoltant où se pressent voitures et piétons dans un mouvement que d'aucuns pourraient qualifier d'incohérent, mais dont le déroulement semble cadencé pour que chacun y trouve sa place
on pénètre la vieille ville au milieu de la foule et d'un joyeux brouhaha, les souks déploient les comptoirs de tailleurs, bijoutiers, parfumeurs, tanneurs, fabricants de savon et autres... les marchands dans les échopes sont souriants et affables, les regards sur nous (repérables en habits de touristes, appareils photos en main) sont bienveillants, les parfums qui émanent des étals d'épices, de fruits et légumes, de gâteaux ou café, sont enivrants, l'atmosphère nous transporte... 

tripoli a une histoire chahutée, elle a concentré la convoitise des civilisations successives (grecs, romains, byzantins, arabes), avant d'être conquise par les croisés (juste aprés jérusalem) au XIIème siècle, puis de devenir exclusivement mamelouke
la ville recèle d’innombrables vestiges de son passé, parmi lesquels une quarantaine de monuments, datant du XIVème siècle, inscrits à l’inventaire des monuments historiques
nous avons la chance d'entrer dans la célèbre tour des lions (borj es-sba) interdite au public
située non loin de l'ancienne voie ferrée, édifiée pour surveiller le littoral et parer toute offensive turque, cette imposante forteresse militaire rectangulaire est d'origine mamelouke
depuis le toit, le point de vue est saisissant, on balaye du regard la ville depuis la mer jusqu'aux sommets enneigés du mont liban (qui culmine à Qornet es Saouda à 3088 m et où l'on peut skier...)

tripoli compte une douzaine de mosquées mamelouks et ottomanes, autant d'anciennes medressas ou écoles coraniques, et un certain nombre de caravansérails, hammams ou bains publics
nous visitons l'un de ces anciens thermes byzantins : saisissant de beauté !
en sortant des souks, on atteint la vieille citadelle qui surplombe la ville, 
on ne se laisse pas intimider par l'armée en présence à l'entrée (comme ailleurs en ville du reste, l'armée libanaise est très déployée à tripoli)
la forteresse très bien conservée offre une vue panoramique éblouissante

un dernier arrêt gourmand à la pâtisserie hallab avant la nuit qui arrive vite
bilan du jour, on mesure pourquoi la seconde ville du liban est réputée pour son hospitalité légendaire où le présent s’accommode de l’histoire
vous l'aurez compris, tripoli est envoutante : s’y promener une journée est un vrai régal pour les sens !

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