toujours Jobourg nous étonne, par ses contrastes, sa manière de rebondir sur une histoire pourtant bancale
celle que d'aucuns n'hésitent pas à qualifier de petite soeur de new-york, tant la ville s'est construit selon quelques procédés architecturaux identiques, montre qu'elle a du ressort !
dernier exemple en date, nous avons participé à un tour "Green rooftops & Urban farming"
comme préalable, il faut savoir que pendant l’apartheid, les étages les plus hauts et les toits des buildings étaient réservés aux domestiques qui se retrouvaient la nuit, leur laisser-passer ne leur permettant pas de circuler dans les rues
la reconstruction est évidemment longue et cahotique, et si les quartiers du centre-ville à concentration de population élevée demeurent défavorisés, certains acteurs examinent depuis peu comment tirer parti des toits vacants et inutilisés qui représentent un potentiel d'espaces non négligeable
d'abord, certains rooftops ont été convertis en lieux d’événements, en bars branchés, voire en plate-forme pour des séances de yoga XXL... mais maintenant émergent des terrasses reconfigurées en espaces cultivables !
une petite révolution tant l'agriculture urbaine peut jouer un rôle socio-économique dans la régénération de ces quartiers
bien sûr, le climat tempéré et le soleil généreux qui chauffe Joburg facillitent la culture de potagers, et choisir la proximité des endroits où vivent les ménages et où travaillent les restaurants présente un réel intérêt économique
l'agriculture urbaine se présente dans une perspective de développement durable, réduisant efficacement les coûts de transport et la pollution tout en fournissant les produits les plus frais aux clients très rapidement

l'association Joburg Places a su deviner ce potentiel, elle organise des visites, comme outil de promotion, soutenue en cela par l'incubateur d'agriculture urbaine WIBC "Wouldn't it be Cool" (qui vise à attirer les jeunes de 18 à 35 ans et à les former, favorisant ainsi la création d'emplois pour un écosystème entrepreneurial agricole urbain)
notre visite commence à Hillbrow, avec la visite d'un centre communautaire (Outreach Foundation) bâti autour de la Friedenskirche (littéralement "église de la paix" construite en 1912 pour une congrégation allemande et classée monument national depuis 1986) et qui compte notamment une école et un centre d'aide aux réfugiés
en grimpant quelques marches, l'on monte sur un toit et découvre la ferme de l’Urban Agriculture Initiative qui fonctionne selon le procédé innovant de l'hydroponie (du grec "hydro" = eau, et "ponos" = travail, autrement dit "le travail par l'eau")
cette technique horticole présente de nombreux avantages : gain de place, de propreté, maladies et insectes nuisibles moins fréquents, excellente croissance, floraison luxuriante, récolte de qualité
écologique, cette culture hors-sol consomme entre 70 et 90 % d'eau en moins qu'une culture classique !
le jour de notre visite, deux femmes travaillent sur des structures de 10 étagères où poussent quasiment sans terre des pousses d'épinards, de salades et d'herbes aromatiques (elles proposent aussi des "Farm in a box " pour tester ce procédé à domicile !)

d'autres fermes urbaines de ce type existent down town (pour exemple, la ferme sur le toit du Minerals Council Sourth Africa a produit 110 kilos de basilic en 21 jours sur 66m2), mais l'agriculture urbaine ne se développe pas seulement sur les toits, mais aussi dans les parcs et certaines propriétés désaffectées 
puisque c'est une matinée "verte", nous empruntons le réseau de bus pour rejoindre le quartier en devenir de Victoria Yards
une halte pour une pause au milieu des plates-bandes d'une ferme communautaire dont on peut acheter les produits les vendredis
non loin de là, le Bambanani Food and Herb Garden a choisi de revitaliser la banlieue de l'ancien Bertrams Bowling Club (un centre de loisirs réservé aux blancs à l'époque de l'apartheid…)

les balbutiement de la ferme remontent à 2006 avec une 1ère subvention de 21 000 rands (soit 1500 euros) de la ville pour des semences et des outils ! 
la générosité de sponsors, ainsi que la passion de gens comme Maria Maseko et son assistant-jardinier, Amon Maluleke originaire de la région rurale du Limpopo, ont permis au projet de progresser
depuis, les pelouses ont été retournées, les sillons creusés, le sol fertilisé, les légumes plantés et les récoltes se succèdent !
nous entrons et faisons connaissance avec Maria Maseko 
elle est l'une des premières volontaires du projet, elle évoque le paysage familier entre l'emblématique tour Ponte et le stade Ellis Park : «Bertrams n’a nul besoin d’aller se coucher affamé, quand il y a un accès à une nourriture saine et abordable à leur porte» dit-elle

le jardin fournit des légumes certifiés biologiques bon marché à la communauté locale et sont vendus au supermarché du quartier ou à certains restaurants, comme en atteste Princess présente avec nous, qui officie au "Thunder Walker" au Gandhi Square
« nous utilisons des méthodes pleines de bon sens : nous cultivons nos tomates à côté de basilic. Cela donne aux tomates un goût riche, mais surtout, le basilic protège les plantes contre les insectes »
elle nous invite à aller déterrer des carottes, une tête de chou frisé, des betteraves, tous dénués d'OGM et à un coût défiant toutes concurrences (un chou se vend au jardin pour R15 une tête, soit 1 euro, contre le double en supermarché)
hier banlieue tombée en désuétude, le site est maintenant un espace vert lumineux, transformé en paradis fertile regorgeant de légumes sains
« et plus qu'une ferme, c’est un outil de liaison important pour la communauté locale» !

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