échappée belle au botswana #1 (l'okavango vu d'en haut)
avant de venir vivre en afrique, je n’aurais pas su placer très exactement le botswana sur la carte du continent, coincé entre le désert aride du kalahari et les rives luxuriantes du zambèze...
j’ai un rapport spécial à l’orientation
je ne sais visualiser un lieu, une ville, un pays sans avoir eu une approche physique de sa géographie...
mais aujourd’hui, je sais localiser corps et âme sur une carte le delta de l’okavango, joyau remarquable de biodiversité qui résume à lui seul la grande force et l’extrême fragilité de notre planète
une terre inviolée, vierge de tous dommages infligés par l’homme : c’est comme si la civilisation avait oublié ce territoire resté à l'état originel et façonné au fil des saisons uniquement par les forces naturelles et les aléas du climat
à la saison des pluies, l’eau redessine le paysage
le lit de l’okavango est mouvant, déployant ses ramifications au gré du relief, de larges plaines herbeuses disparaissent sous les flots, il demeure des îlots qui émergent
et puis la saison sèche l'est cruellement (le thermomètre tutoyait la semaine dernière les 40 degrés), asphyxiant doucement la vie
la température grimpe à mesure que les heures s'égrènent
en journée, dans la pleine chaleur, le ciel prend une teinte blanche et met la vie en léthargie
avant la nuit bénie où la chaleur se dissipe, l'atmosphère devient suffocante, incandescente, les hommes et les animaux retiennent leur souffle
la foudre finit par déchirer le ciel. Et parfois cette atmosphère électrique nourrit le feu, qui brûle le sol de son empreinte
dans cet hémisphère, la terre se régénère en même temps qu'elle se consume.
neuf jours durant, je me suis perdue en contemplation
la nature sauvage, à l’état brut, majestueuse et ressourçante
ce soir, j’ai la tête encore là-bas
je veux encore faire durer le plaisir et paraphraser paul claudel : "chut ! si nous faisons du bruit, le temps va recommencer..."



















